Ă l’approche des fĂȘtes de fin d’annĂ©e, moment propice aux rĂ©unions familiales et professionnelles, parlons de ces « petites rĂ©flexions » qui semblent anodines mais qui façonnent insidieusement nos sociĂ©tĂ©s.
â Le sexisme ordinaire : plus qu’un simple mot
Le sexisme ordinaire, c’est cet ensemble de propos, de non-dits, d’attentes et de codes sociaux qui varient selon le genre de la personne.
En pratique, cela donne :
â « Elle jure comme un charretier » â on attend des femmes qu’elles soient douces et policĂ©es, avec des impacts concrets et documentĂ©s par exemple sur l’orientation professionnelle đ https://lnkd.in/gpSRPcDJ
â « Un homme, ça ne pleure pas » â verrouillant l’expression des Ă©motions masculines
Cette derniĂšre injonction a des consĂ©quences dramatiques : en France, le taux de suicide est trois fois plus Ă©levĂ© chez les hommes que chez les femmes (20,8 dĂ©cĂšs pour 100 000 hommes contre 6,3 pour les femmes en 2022) d’aprĂšs l’Ă©tude 2025 de la DREES.
Les Ă©tudes montrent que les hommes mobilisent beaucoup moins les ressources en santĂ© mentale que les femmes, en partie Ă cause de ces injonctions de genre qui les empĂȘchent d’exprimer leurs vulnĂ©rabilitĂ©s.
La mécanique discriminatoire est identique quelque soit le critÚre considéré :
1ïžâŁÂ Distinguer en fonction de critĂšres arbitraires (Ăąge, sexe, origine ethnique, Ă©tat de santĂ©…)
2ïžâŁÂ Ăriger ce critĂšre en diffĂ©rence
3ïžâŁÂ DĂ©prĂ©cier ce critĂšre, qui n’est plus objectif, mais devient un marqueur social « nĂ©gatif »
4ïžâŁÂ Discriminer en raison de ce critĂšre, c’est-Ă -dire prendre une dĂ©cision au regard de ce seul critĂšre.
â Illustration : les personnes avec un nom Ă consonance maghrĂ©bine doivent envoyer 1,5 fois plus de CV pour obtenir le mĂȘme nombre de rĂ©ponses positives.
âïž Â«Â Pas bien mĂ©chant »… Vraiment ?
Le sexisme ordinaire, le racisme commun… ont ça de commun qu’ils participent Ă cette mĂ©canique discriminatoire, mĂȘme si cela semble « anodin ».
Or, les Ă©tudes le dĂ©montrent : outre le mal-ĂȘtre gĂ©nĂ©rĂ© individuellement, le risque de violences, d’exclusion et de discrimination est beaucoup plus important dans des environnements discriminatoires que dans d’autres.
Commençons dĂšs maintenant : arrĂȘter collectivement de faire des rĂ©flexions discriminantes, rarement bienveillantes, est dĂ©jĂ un premier pas.
Les « c’est pour rire », « on peut plus rien dire », « c’Ă©tait pas mĂ©chant » participent Ă maintenir des systĂšmes d’oppression qui ont des consĂ©quences rĂ©elles et mesurables sur la vie des personnes.