📚 Lecture achevée : « Faire taire les femmes » de Sabrina Erin Gin

Un essai percutant qui décortique biais sexistes, mythes autour du viol et croyances qui continuent d’imprégner l’appréhension des violences sexuelles et sexistes par l’ensemble de la chaîne judiciaire, aboutissant d’ailleurs à des condamnations de la France par la CEDH.

L’autrice développe notamment le mythe de la menteuse, alimenté par le stéréotype persistant selon lequel les femmes seraient naturellement menteuses et vénales. Ce mythe conduit à suspecter systématiquement toute femme dénonçant des VSS, et alimente la problématique des « fausses accusations » — sujet qui fait l’objet d’études comme dans nul autre domaine pénal.
📉 Or, bien que les méthodologies varient, les chiffres convergent : les fausses accusations, si elles existent, sont résiduelles. Autrement dit, pour une minorité de dénonciations mensongères, la société est prête à écarter l’écrasante majorité d’accusations qui ne l’est pas.

Sabrina Erin Gin analyse également les mécanismes de domination, et notamment l’utilisation de « procédures bâillons » visant à faire taire les victimes : recours à des procédures en diffamation, dénonciation calomnieuse, instrumentalisation de la présomption d’innocence
Ce qui fait directement écho à l’arrêt de la CEDH commenté récemment 👉 https://shorturl.at/S0zCz

Les illustrations, en France comme à l’étranger, sont édifiantes.
L’autrice dégage enfin des pistes concrètes pour améliorer le système et notamment contrer ces procédures bâillons.

Ce livre résonne en profondeur avec ma thèse, qui porte sur une analyse genrée du contentieux des VSS.

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