🎓 VSS Ă  l’universitĂ© : au-delĂ  du signalement, quelle protection rĂ©elle ?

👉 Le point de dĂ©part :
Un.e Ă©lĂšve franchit le pas du signalement, malgrĂ© les rapports de pouvoir, encore plus marquĂ©s dans les relations professeur/doctorant, la peur des consĂ©quences et le sentiment d’illĂ©gitimitĂ©. L’élĂšve attend lĂ©gitimement que l’institution dĂ©ploie des mesures de protection et agisse.

La rĂ©alitĂ© que j’ai observĂ©e Ă  plusieurs reprises :

❌ L’absence de sanction des auteurs : c’est une pratique courante, malgrĂ© des faits avĂ©rĂ©s, consistant Ă  minimiser des faits et ainsi gĂ©nĂ©rer un sentiment d’impunitĂ©, individuel mais aussi collectif.
Au-delĂ  du risque de rĂ©itĂ©ration pesant sur la communautĂ© Ă©tudiante, le risque existe aussi pour l’établissement.

❌ L’Ă©loignement de la victime : bien que les mesures conservatoires concernent uniquement l’auteur, des pratiques persistent consistant en des changements de groupe de TD, de proposition de « dĂ©part volontaire » vers une autre filiĂšre, la mise Ă  l’écart progressive des groupes associatifs


❌ Des mesures de rĂ©torsion : qu’elles proviennent du collectif d’étudiants, de l’entreprise (si alternance) ou de l’établissement lui-mĂȘme, ces mesures sont strictement interdites par la loi mais restent encore frĂ©quentes.
Elles peuvent prendre la forme d’une exclusion progressive ou bien visible (groupe de travail, projets divers), des difficultĂ©s soudaines Ă  conduire des projets ou faire aboutir des dĂ©marches, une notation plus sĂ©vĂšre, un retrait d’opportunitĂ©s (stage
).

⛔ La victime paie le prix de sa propre dĂ©nonciation.

⚠ Ces constats ne sont pas isolĂ©s
L’Ă©tude du DĂ©fenseur des droits « DĂ©noncer les discriminations vĂ©cues Ă  l’université » confirme ces observations : arrangements informels privilĂ©giĂ©s, Ă©loignement des victimes, reprĂ©sailles contre les dĂ©nonciateurs, inertie institutionnelle banalisĂ©e.

Les conséquences ?
❌ Pour les victimes : troubles psychologiques, perte de confiance en l’institution, arrĂȘt des Ă©tudes…
❌ Pour l’universitĂ© : dĂ©fiance gĂ©nĂ©ralisĂ©e, impunitĂ©, perpĂ©tuation des situations, culture du silence. Ce qui constitue un risque juridique certain.

Qu’est-ce qu’une vraie protection ?

Les établissements universitaires ont une obligation de sécurité envers leurs étudiants et personnels. Cette protection devrait garantir :
✅ Le maintien dans la formation (pas d’Ă©loignement de la victime)
✅ Des mesures conservatoires qui visent l’auteur prĂ©sumĂ©, non la victime
✅ Une enquĂȘte sĂ©rieuse et impartiale
✅ Un accompagnement de la victime (psychologique, pĂ©dagogique)
✅ Une sanction effective en cas de faits avĂ©rĂ©s
✅ Une surveillance active contre toute reprĂ©sailles, Ă  court et moyen terme.

Signaler, c’est faire confiance Ă  l’institution.
Or, une structure dans laquelle il y a peu de signalements n’est pas le signe d’une structure saine. C’est une structure dans laquelle la confiance est rompue et la parole n’est pas libre.

Etude disponible ici 👉 https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=22182

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