📌 Le systĂšme patriarcal est aussi dĂ©lĂ©tĂšre pour les hommes

« Le fĂ©minisme c’est contre les hommes », « on peut plus rien dire »  Ces phrases reviennent rĂ©guliĂšrement dĂšs lors que l’on aborde l’Ă©galitĂ©. En rĂ©alitĂ©, elles reflĂštent une confusion : celle de la reconnaissance des inĂ©galitĂ©s femmes-hommes avec une attaque contre les hommes. Or, le patriarcat ne fonctionne pas ainsi. Il crĂ©e des dominants qui en retirent des avantages, et des perdants. Toutefois, mĂȘme s’agissant des hommes, le patriarcat les contraint aussi. Et les dommages sont documentĂ©s.

Le sexisme systĂ©mique est d’abord une discrimination au dĂ©triment des femmes. Être une femme reste un frein : Ă  l’emploi, Ă  la rĂ©munĂ©ration, Ă  l’accĂšs au crĂ©dit, et augmente considĂ©rablement les risques de violences sexuelles.
En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes. La maternité engendre une perte de 38 % du revenu du travail des femmes dans les dix années suivant la naissance.

Mais le patriarcat a aussi des effets délétÚres sur les hommes :

1ïžâƒŁ SantĂ© mentale masculine : un angle mort

L’injonction « un homme ça ne pleure pas, c’est fort » prive les hommes de leur capacitĂ© humaine Ă  ressentir, explorer, verbaliser leurs Ă©motions.
Les Ă©tudes sont Ă©difiantes : entre 2011 et 2021, le taux de mortalitĂ© par suicide est de 20,5 pour 100 000 hommes contre 6,4 pour 100 000 femmes. Les 3/4 des suicides sont le fait d’hommes (76,1 %).

Ce n’est pas une « spĂ©cificitĂ© masculine » mais le rĂ©sultat d’une culture qui les empĂȘche de chercher de l’aide, de verbaliser la souffrance, d’accĂ©der Ă  des soins adaptĂ©s.

2ïžâƒŁ ParentalitĂ© : des hommes confinĂ©s Ă  un rĂŽle secondaire

Bien que les Ă©tudes montrent que les pĂšres obtiennent la garde alternĂ©e s’ils la demandent, les stĂ©rĂ©otypes dĂ©couragent cette demande. 56 % des 18-24 ans pensent que « les mĂšres savent mieux rĂ©pondre aux besoins des enfants que les pĂšres », cette tendance s’aggravant (50 % en 2014).

Outre la persistance de la répartition genrée des rÎles, les hommes se voient ainsi confinés à un rÎle parental secondaire, ce qui :
– limite leur implication auprĂšs de leurs enfants
– renforce l’asymĂ©trie du travail de soin
– affecte les femmes qui supportent seules cette charge.

Ces différents stéréotypes ne sont pas scientifiquement prouvés. Ce sont des constructions sociales, mais dont les effets existent, sont visibles et occasionnent des dommages bien réels.

⚠ Clarification importante : il ne s’agit pas d’une hiĂ©rarchie d’oppressions !
Dire que le patriarcat affecte aussi les hommes ne signifie pas qu’il affecte les hommes et les femmes de maniĂšre Ă©gale. Les femmes subissent des violences massives, l’exclusion professionnelle, l’obligation de maternitĂ©… Les hommes subissent surtout des restrictions Ă©motionnelles et une paternitĂ© limitĂ©e.

Ces deux rĂ©alitĂ©s sont vraies. Elles ne sont pas en concurrence, mais complĂ©mentaires. L’Ă©galitĂ© rĂ©elle exige de les traiter ensemble.

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