âĄïž Oui, si ces faits ont un impact sur la vie professionnelle.
đč De longue date, la jurisprudence administrative a reconnu ce principe, liĂ© Ă la qualitĂ© particuliĂšre de lâagent public, et Ă ses obligations de probitĂ©, dignitĂ© y compris en dehors de ses temps et lieu de travail.
đ DĂšs 1988, le Conseil d’Ătat dâĂtat concluait Ă la validitĂ© de la sanction pour des faits commis en dehors du service, dĂšs lors quâils ont portĂ© atteinte Ă la rĂ©putation de lâadministration.
A ce titre, un Ă©tudiant a valablement pu ĂȘtre sanctionnĂ© par son universitĂ©, pour des faits dĂ©roulĂ©s en dehors de lâĂ©tablissement, qui ont affectĂ© son bon fonctionnement.
Des dĂ©cisions similaires ont Ă©tĂ© rendues sâagissant dâagents publics, pour des faits Ă©trangers au service, dĂšs lors quâils sont susceptibles dâavoir un impact sur celui-ci.
Cette solution est dâautant plus justifiable dĂšs lors que les faits considĂ©rĂ©s sont pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensibles.
đ MĂȘme sans entacher la rĂ©putation de lâadministration, ces faits dĂšs lors quâils sont incompatibles avec les fonctions, sont de nature Ă justifier une sanction disciplinaire.
A lâinverse et dans la suite logique, des faits dâordre purement privĂ© et sans retentissement au sein du service, ne sont pas susceptibles de fonder une sanction.
đč Ce principe a Ă©tĂ© affirmĂ© par la Cour de cassation en mars 2025, ce qui est novateur en matiĂšre judiciaire. La Haute juridiction validant la sanction pour des faits relevant de la vie personnelle dĂšs lors quâils portent atteinte Ă la santĂ© dâun.e collĂšgue et contreviennent aux obligations dĂ©coulant du contrat de travail.
Dans cette affaire, le cadre dirigeant dâune association avait Ă©tĂ© licenciĂ© pour faute grave aprĂšs avoir adressĂ© de nombreux messages Ă une salariĂ©e avec laquelle il avait eu une liaison passĂ©e, malgrĂ© le refus explicite de cette derniĂšre. Ce qui a gĂ©nĂ©rĂ© une situation de mal-ĂȘtre de la salariĂ©e, impactant la vie professionnelle et la bonne organisation du travail.
Ces agissements rĂ©pĂ©tĂ©s, sur les lieux et temps de travail, Ă lâencontre dâune collĂšgue en situation hiĂ©rarchique infĂ©rieure, constituent une pression contraire aux obligations contractuelles. Dans ces conditions, ils justifient une sanction, en lâoccurrence un licenciement pour faute grave, dans la mesure oĂč ils rendent impossible le maintien du salariĂ© dans lâentreprise.
Réf : CE SSR, 24 juin 1988, n° 81244 ; CE 27 février 2019, n° 410644 ; Cass.soc., 26 mars 2025, n°23-17.544 ; CE SSR. 27 juillet 2006, n° 288911 ; CE SSR, 15 juin 2005, n° 261691