🆕 Comment une enquĂȘte peut-elle « revictimiser » une plaignante ? Une rĂ©cente dĂ©cision du DĂ©fenseur des droits apporte un Ă©clairage Ă©difiant.

Le 31 mars 2026, la DĂ©fenseur des droits a rendu publique sa dĂ©cision n°2026-061 concernant la prise en charge d’une plaignante pour viol par les institutions policiĂšres et judiciaires. Cette dĂ©cision met en lumiĂšre des dysfonctionnements graves dans la conduite de l’enquĂȘte. Trois manquements majeurs ont Ă©tĂ© constatĂ©s :

1ïžâƒŁ Une confrontation source de victimisation secondaire
Quatre jours aprĂšs les faits, une confrontation est organisĂ©e malgrĂ© les rĂ©ticences exprimĂ©es par la plaignante Ă  deux reprises. Celle-ci se retrouve seule face au mis en cause assistĂ© d’un avocat. Aucune mention Ă©crite dans la procĂ©dure n’atteste que ses droits lui ont Ă©tĂ© notifiĂ©s, rendant impossible tout contrĂŽle de leur respect.

2ïžâƒŁ Des questions rĂ©vĂ©lant une mĂ©connaissance des violences sexuelles
L’OPJ, pourtant « spĂ©cialement formĂ©e », pose des questions culpabilisantes Ă  la plaignante, mĂ©connaĂźt l’Ă©tat de sidĂ©ration, notant que « la victime ne montre aucune Ă©motion de stress, de panique, de pleurs ». Des questions sur la vie sexuelle de la plaignante vĂ©hiculent des stĂ©rĂ©otypes sexistes qui ne prĂ©sentent aucune utilitĂ© pour l’enquĂȘte.
Dans ces conditions, la DĂ©fenseure des droits constate des manquements aux obligations dĂ©ontologiques, et saisit le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur afin d’engager une procĂ©dure disciplinaire.

3ïžâƒŁ Un dĂ©faut d’information sur les suites de procĂ©dure
La plaignante dĂ©couvre de maniĂšre fortuite, que sa procĂ©dure a fait l’objet de deux classements sans suite successifs. Ce dĂ©faut d’information contrevenant Ă  plusieurs textes de loi et traitĂ© international. Sans mettre en cause l’OPJ, elle-mĂȘme non informĂ©e, la DĂ©fenseure des droits recommande l’amĂ©lioration globale des processus de notification des classements sans suite aux plaignants.

⚠ Ce que cette dĂ©cision nous rappelle :
Cette dĂ©cision souligne notamment la nĂ©cessitĂ© d’une formation continue exigeante, visant Ă  intĂ©grer une vĂ©ritable comprĂ©hension des mĂ©canismes traumatiques, et de la conduite d’audition en matiĂšre de VSS.

Cette dĂ©cision s’inscrit dans un contexte de condamnations frĂ©quentes de la France par la Cour europĂ©enne des droits de l’homme pour son apprĂ©hension des VSS, et notamment pour des faits relatifs Ă  une victimisation secondaire du fait de la procĂ©dure elle-mĂȘme.
Au-delĂ  de cette dĂ©cision, 3 recommandations majeures pour les organisations : gĂ©nĂ©raliser les formations continues sur l’audition de victimes de violences sexuelles auprĂšs des enquĂȘteurs, repenser les pratiques de confrontation en tenant compte de la vulnĂ©rabilitĂ© des victimes, et amĂ©liorer les processus d’information tout au long de la procĂ©dure.

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