Cette semaine, un format inédit : je vous propose de découvrir une personnalité inspirante. Voici le portrait de Vincent Patigniez :
« Formateur indépendant et j’ai créé Respectives Formation. J’interviens principalement sur les questions d’égalité professionnelle, de genre et de sexualités, ainsi que sur les rapports de pouvoir et de domination, les normes sociales et les sciences du travail. Je développe également des outils de réflexivité pour interroger les situations de travail, leurs contextes et leurs effets.
Je suis auteur des ouvrages :
– « Accompagner la construction sexuelle et de genre chez les ados » (Double ponctuation, 2023)
– « Comment survivre à votre fatigue de genre ? » (Double ponctuation, 2026).
Chroniqueur, je partage régulièrement mes lectures et réflexions autour des sciences humaines et sociales à travers le format 1minute1livre.
Actuellement masterant en Sciences de l’éducation et de la formation, parcours Conseil, intervention et développement des compétences (CIDC), je développe notamment une réflexion autour des normes et d’une clinique queer de l’activité ».
Où trouver Vincent ?
– Son site : https://lnkd.in/ecGWF9rE
– Son LinkedIn : https://lnkd.in/egwtYrnv
– Son compte Instagram : https://lnkd.in/edpqtjUV
– Sa chaîne YouTube : https://lnkd.in/ehJmkxbB
Étiquette : portrait
🚺⚖️ Femmes et justice : le récit de Simone Gaboriau
1968. Grand oral du concours de la magistrature. Face à une candidate, le jury pose cette question : « Que pensez-vous de votre corps ? ». Son corps à elle, ou le corps de métier dans lequel elle avait la prétention d’entrer ? Les deux, peut-être.
C’est par cette anecdote — authentique — que la magistrate Simone GABORIAU ouvre un texte rare : le récit vécu de l’entrée des femmes dans la magistrature. ⤵️
Quelques repères qu’elle nous rappelle :
▪️ 1900 : les femmes peuvent devenir avocates. Mais juger ? Impensable. On leur oppose leur « rôle naturel » de mère, et les « attributs » supposés de leur sexe : la séduction, le trouble des hommes.
▪️ 1946 : la loi du 11 avril ouvre enfin la magistrature « à l’un et l’autre sexe ». Un acquis des idéaux de la Résistance.
▪️ 1968 : Simone Gaboriau passe le concours — deuxième vague des pionnières. Elle prend ses fonctions en 1971, dans un monde « viril » où il faut développer des stratégies pour exister : affronter le regard qui « jauge » d’abord la femme avant la magistrate, affirmer son autorité sans la caricaturer.
▪️ 1982 : elle devient la première femme présidente d’un syndicat judiciaire.
Et aujourd’hui ?
Les femmes sont désormais majoritaires dans le corps judiciaire. Mais elles restent minoritaires dans les fonctions de haute responsabilité. Gaboriau parle d’une « parité carencée » : l’égalité d’accès est acquise, l’égalité des carrières ne l’est pas.
Sa question finale mérite qu’on s’y arrête : l’arrivée des femmes a-t-elle changé la justice ? Elle a l’honnêteté de ne pas trancher — après 40 ans de carrière, elle rappelle que les femmes de justice restent une « terra incognita », faute de mémoire institutionnelle, de récits, de traces.
Une chose est sûre : l’institution judiciaire n’en a pas fini avec le sexisme. Une enquête du Syndicat de la magistrature sur les violences sexistes et sexuelles au sein même de l’institution complète utilement cette lecture 👉 https://shorturl.at/NVz8r
La semaine prochaine, je vous parlerai d’un essai qui pose la question d’après : faut-il « démasculiniser » la justice ?
📎 Vers l’article de Simone Gaboriau (revue TraHs) : https://lnkd.in/eUGUJTQP