âȘïžC’est ce quâa rappelĂ© la Cour de cassation en dĂ©but dâannĂ©e (Cass., soc., 14 janvier 2026, n°24-19.544) : aucune disposition du code du travail n’impose Ă l’employeur de mener une enquĂȘte interne lorsqu’il est saisi d’un signalement de harcĂšlement sexuel.
ConcrĂštement, l’absence d’enquĂȘte nâinvalide pas la sanction prise par lâemployeur, dĂšs lors que celui-ci dispose d’Ă©lĂ©ments probants Ă©tablissant la matĂ©rialitĂ© des faits reprochĂ©s. Il peut donc exercer son pouvoir disciplinaire avec rĂ©activitĂ©, sans passer par une enquĂȘte prĂ©alable.
âȘïžL’enquĂȘte interne n’est ni un prĂ©requis Ă la sanction, ni une condition de recevabilitĂ© des autres preuves. C’est un outil d’investigation parmi d’autres.
Cette dĂ©cision est Ă rapprocher de l’arrĂȘt du 18 juin 2025 (Cass., soc., n° 23-19.022) : en cas de licenciement d’un salariĂ© en raison de la commission de faits de harcĂšlement sexuel ou moral ou d’agissements sexistes ou Ă connotation sexuelle, il appartient aux juges du fond d’apprĂ©cier la valeur probante d’une enquĂȘte interne produite par l’employeur, au regard le cas Ă©chĂ©ant des autres Ă©lĂ©ments de preuve produits par les parties.
L’enquĂȘte est donc une preuve comme une autre, soumise Ă l’apprĂ©ciation du juge.
đ Et dans la fonction publique ?
MĂȘme logique, et de jurisprudence constante :
âȘïžaucune obligation lĂ©gale ou rĂ©glementaire n’impose de diligenter une enquĂȘte administrative (CAA Paris, 18 mars 2022, M. B. A., n° 21PA01779 ; Conseil d’Ătat, 23 novembre 2016, M. A., n° 397324)
âȘïž l’enquĂȘte est un moyen, parmi d’autres, de rechercher des Ă©lĂ©ments matĂ©riels prouvant des agissements fautifs (CAA Douai, 5 juillet 2005, Mme Suzanne X., n° 04DA00555 ; CAA Marseille, 5 juill. 2011, n° 09MA01887).
đ Alors, quand enquĂȘter ?
Pas obligatoire ne veut pas dire inutile. Il appartient Ă l’employeur d’apprĂ©cier l’opportunitĂ© d’une enquĂȘte au regard des Ă©lĂ©ments matĂ©riels dont il dispose :
âȘïž s’ils suffisent Ă caractĂ©riser un manquement professionnel, il peut entrer directement en voie de sanction ;
âȘïž s’ils ne suffisent pas, ou si dâautres Ă©lĂ©ments sont Ă rechercher (dâautres faits, dâautres victimes, dâautres responsabilitĂ©s), l’enquĂȘte prend tout son sens.
Car rappelons-le : l’objectif de l’enquĂȘte est d’Ă©tablir la matĂ©rialitĂ© des faits. Ni plus, ni moins.